Les médicaments contre la crise de goutte

L’un des moments les plus désagréables pour les goutteux s’avère le temps des crise.

Comment traiter la crise ?

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La bonne vieille Colchicine connue depuis plus de 2000 ans est un médicament qui reste efficace dans 90 % des cas à condition de l’utiliser à une dose convenable.

Colchicine

Colchicine

Extraite d’une plante, le colchique, elle se présente sous forme de granules, et agit en bloquant la crise au niveau des articulations.

En cas de crise, il faut prendre 3 granules le premier jour, 2 granules les 2 jours suivant, 1 granule ensuite chaque soir pendant quelques semaines, parfois même beaucoup plus longtemps.
Ce médicament risque de donner de la diarrhée, c’est pourquoi il est conseillé de le prendre au milieu d’un repas.

En cas de diarrhée, il est indiqué de prendre simultanément un médicament antidiarrhéique puisant.

Chez les goutteux qui ont des antécédents de colite ou une tendance à la diarrhée la Colchicine peut être administrée par voie intraveineuse, méthode qui évite presque toujours la diarrhée, mais risque d’irriter la veine.

Il convient donc de diluer le médicament et de le passer en perfusion.

La crise de goutte devant être traitée le plus vite possible, il est raisonnable de conseiller aux goutteux susceptibles d’avoir toujours à leur portée les médicaments nécessaires.

Si, comme cela arrive parfois, la crise aiguë devait résister à la Colchicine, un autre médicament, la Phénylbutazone, plus puissant, peut être prescrit, mais il exige également des précautions particulières et est interdit à ceux qui ont un ulcère à l’estomac.

Son action est très rapide et très brillante.

On peut l’associer à la Colchicine.

D’autres médicaments sont également actifs sur la crise, mais répétons-le, le médicament numéro 1 reste la Colchicine.

Il ne faut jamais prendre de cortisone ni de ses dérivés car si ces médicaments sont actifs, la crise redémarre dès qu’ils sont arrêtés.
On vous conseille également l’Aspirine.
Elle peut aider à soulager la crise, mais diminue l’élimination de l’acide urique par le rein.

Comment prévenir les crises ?

L’ambition du traitement n’est pas seulement de calmer les crises douloureuses, mais aussi de lutter contre la surcharge d’acide urique et même de la prévenir, car c’est là le véritable danger.

« Laver le rein, désencrasses les articulations, hier expressions d’une publicité éhontée, traduisent aujourd’hui des possibilités qui ne sont nullement au-delà de la puissance thérapeutique moderne », à déclaré le Pr de Sèze.

De son côté, le Pr Delbarre affirme : « Le traitement de la goutte a fait plus de progrès en 10 ans qu’en 10 siècles. »

Il va donc falloir prescrire aux malades des médicaments qui font baisser le taux d’acide urique : ce sont les hypo-uricémiants, soit ceux qui font baisser l’acide urique dans le sang.
Pour les médecin, il est parfois difficile de savoir s’il convient de prescrire un traitement hypo-uricémiant ou non.
Il faut pour cela distinguer les petits et les grands goutteux.

Les petits goutteux ont une uricémie à peine supérieur à 70 milligrammes : 75 milligrammes par litre, par exemple.

Ils font un accès goutteux tous les 3 ou 4 ans.

Le stock d’acide urique n’est pas très élevé.

On peut se contenter de prescrire un régime alimentaire, de traiter les accès de goutte par la Colchicine lorsqu’ils surviennent et ne pas ordonner de médicaments entre deux accès.

Mais il y a les grands goutteux.

Pour eux, c’est tout à fait différent : leur uricémie est très supérieur à 70 milligrammes par litre, elle peut atteindre 80 milligrammes et même dépasser cent milligrammes.

Ces chiffres correspondent à un stock d’acide urique énorme.

Dans ce cas, il faut absolument prescrire un traitement hypo-uricémiant.
Vous vous en souvenez, 2 mécanisme peuvent être en cause : tantôt, le rein n’élimine pas assez d’acide urique, tantôt, l’organisme en fabrique trop.
Or, certains médicaments corrigent efficacement l’un et l’autre de ces troubles.
Une première catégorie de médicaments, la plus anciennement connue, augmente l’élimination urinaire de l’acide urique.
Ces médicaments s’appellent uricosuriques, ce qui veut dire, qui chassent l’acide urique dans les urines.
Le plus utilisé aujourd’hui s’appelle le Benziodarone.
Il est commercialisé depuis 1961 mais était utilisé pour lutter contre l’insuffisance coronarienne et on ignorait ses propriétés vis-à-vis de l’acide urique.
Il ouvre dans le rein une sorte de vanne par laquelle l’acide urique peut s’écouler.

Mais en augmentant son taux dans les urines, il risque de favoriser la formation de calculs et de déclencher une crise de coliques néphrétiques.

Pour cette raison, il ne doit pas être utilisé par ceux qui ont déjà trop d’acide urique dans les urines.

Le médicament exige quelques précautions.

La première est de boire abondamment, au moins 2 litres d’eau par jour, ce qui dilue l’acide urique dans les urines et diminue le risque de formation de calculs.

Pour diminuer l’acidité des urines, il faut absorber des boissons alcalines : eau de Vichy ou eau bicarbonatée.

En outre, il y a un risque accru de crise de goutte au début du traitement d’où la nécessité d’utiliser de petites doses progressives et de prendre en même temps, pour plus de sécurité, de la Colchicine.
La deuxième catégorie de médicaments, de connaissance plus récente, n’agit pas sur le rein mais au niveau de la fabrication de l’acide urique dans l’organisme : on les appelle des inhibiteurs de la formations de l’acide urique.

Les plus utilisée aujourd’hui sont l’Allopurinol et le Thiopurinol.

Allopurinol

Allopurinol

La conséquence du traitement est la suivante : la quantité d’acide urique diminue dans le sang et, par voie de conséquence, dans les urines ; le risque de formation de calculs est donc minime.

Il n’est plus nécessaire de boire aussi abondamment.

Dans certains cas, le médecin associe les 2 médicaments : celui qui élimine l’acide urique et celui qui en bloque la fabrication.

Cette méthode peut permettre de diminuer les doses de l’un et de l’autre.

De toute façon, ce traitement va transformer la vie du goutteux.

Les crises vont s’espacer puis disparaître.

L’acide urique va revenir à un taux normal.

Ceux qui ont des tophus vont assister à un événement extraordinaire : ils les voient fondre peu à peu et même disparaître.

A une condition : prendre les comprimés tout les jours.

Si cette condition est respectée, on peut garantir que la maladie sera maîtrisée et que vous ne ferez plus de crise de goutte.

Mais si vous arrêtez le médicament, l’effet cesse aussitôt, le taux d’acide urique remonte et le stock se reconstitue.
Au bout d’un certain temps, vous serez redevenu le goutteux de naguère.
Un tel traitement ne doit pas être suivi sans discernement.
Seul, le médecin peut le prescrire et le modifier éventuellement en cours de route.
Il doit revoir son malade au moins 2 fois par an.
L’imprudent qui varie les doses sur sa propre initiative, arrête son traitement et le reprend selon sa fantaisie, risque de voir la maladie redoubler d’intensité.
La déception pourra être grande.
Il n’est pas rare qu’au début du traitement, des crise surviennent, car il s’agit d’une période délicate.

Mais attention, l’apparition d’une crise de goutte sous traitement ne condamne pas celui-ci mais oblige simplement à le réajuster.

Il ne faut surtout pas l’arrêter sous prétexte qu’une crise est survenue en début de traitement.

Et le fait de prendre des médicaments tous les jours n’est pas un esclavage comparable à celui où vous tient la goutte donc grâce à 1, 2 ou 3 petits comprimés par jour, vous voilà libre.

Dans plus de 95 %, les résultats obtenus sont excellents et la tolérance parfaite.

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