La cortisone et ses dérivés

La cortisone est un médicament utilisé notamment pendant un rhumatisme articulaire aigu ; toutefois, elle représente aussi un danger en raison de ses contre-indications et ses effets secondaires.

Quand faut-il prendre de la cortisone ?

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Uniquement s’il est impossible de faire autrement.

Elle est indispensable dans le rhumatisme articulaire aigu.

Elle est bien souvent nécessaire dans les polyarthrites sévères ou dans le rhumatisme des ceintures 3 ème âge.

Elle doit être évitée dans l’arthrose et plus encore dans la goutte.

La cortisone calme l’inflammation mais elle ne guérit pas les rhumatismes

En effet, elle ne détruit pas la substance mystérieuse qui est à l’origine de la polyarthrite.

Elle en combat seulement les effets.

La cause persiste, et c’est pourquoi dès qu’elle n’est plus administrée, l’inflammation peut se réveiller et la maladie reprend son cours.

Il faut don absorber la cortisone chaque jour pendant des années.

Et ce traitement ne donne de résultats appréciables qu’à condition qu’il n’existe pas encore de trop graves destructions de l’articulation.

Contre celle-ci, la cortisone ne peut rien.

Les dangers de la cortisone

La question se pose alors de savoir si le traitement cortisonique prolongé, voire indéfini, n’est pas dangereux.

En effet, la cortisone est un produit puisant, qui provoque des troubles d’autant plus importants que la dose administrée est plus forte et que le traitement est poursuivi pendant plus longtemps :

  • gonflement et rougeur du visage qui se déforme
  • prise de poids, malgré le régime sans sel qui s’impose
  • ecchymoses dues à l’éclatement de petits vaisseaux
  • énervement et insomnie qui nécessitent la prescription de sédatifs et parfois de somnifères
  • élévation de la tension artérielle

Et aussi des ennuis plus sérieux :

  • ulcères de l’estomac ou du duodénum avec risque d’hémorragie ou de perforation qu’il s’agisse de la création d’un ulcère ou du réveil d’un ulcère ancien
  • décalcification vertébrale
  • apparition ou aggravation d’un diabète
  • troubles psychiques
  • et encore d’autres accidents dont la liste est malheureusement bien longue…

Tous ces troubles sont d’autant plus fréquents et plus importants que les doses sont plus fortes et le traitement plus prolongé.

C’est pourquoi les médecins ne prescrivent la cortisone que lorsqu’il est véritablement impossible de faire autrement, c’est-à-dire lorsque les autres médicaments moins dangereux n’ont pas donné de résultat.

Lorsqu’ils la prescrivent, c’est à la dose la plus faible possible, au milligramme près.

Il est indispensable de respecter ses contre-indication : vieil ulcère de l’estomac ou du duodénum, décalcification, diabète ou infection, mais aussi dans le cas de troubles psychiques, d’obésité ou d’une mauvaise circulation.

Lorsque le médecin a jugé indispensable malgré tout, de prescrire de la cortisone, il doit exercer une surveillance régulière tout au long du traitement pour en contrôler les effets et prendre en temps utile en cas d’incident ou d’accident, toutes les mesures qui s’imposent.

A chaque consultation également, il demande au malade s’il ne souffre pas de l’estomac (s’il en souffre, il demande une radio pour rechercher un ulcère).

Il faut préciser si l’état nerveux est bon et prend la tension artérielle.

Une fois tous les 3 mois, il faut rechercher du sucre dans les urines.

Une fois par an, il radiographie les poumons et la colonne vertébrale pour vérifier l’absence de décalcification visible.

Le traitement ne doit jamais être interrompu brutalement, ce qui risquerait d’être dangereux.

Un traitement prolongé nécessite parallèlement la prise de calcium et de fixateurs du calcium sur l’os pour éviter ou retarder la décalcification.

Lorsque cela est nécessaire, le médecin prescrit également de petits sédatifs du système nerveux, des protecteurs de l’estomac, des sels de potassium.

Un traitement qui se perfectionne

Depuis la découverte de la cortisone en 1959, de grand progrès ont été faits.

Aujourd’hui, on n’emploie plus la cortisone elle-même, ni même l’hydrocortisone qui lui a succédé, mais seulement certains de ses dérivés plus efficaces et mieux tolérés.

Mais le principe, les ambitions et les limites du traitement restent les mêmes.

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